LE SYNDROME DE KESSLER : le syndrome que les sociétés aérospatiales négligent…
En cet été 2026, lors de nos nombreuses soirées d’observation à l’observatoire de La Fosse, nos visiteurs et nos responsables de soirées ont été frappés par la quantité de satellites artificiels visibles à l’œil nu durant toutes nos nuits d’observation. Ils furent véritablement surpris par le nombre de satellites artificiels qu’ils ont vu par rapport aux années précédentes.
Avant l’arrivée des satellites Starlink dans l’espace, nous nous amusions à compter le nombre de satellites artificiels de passage au-dessus de nos têtes lors des nuits des étoiles filantes, et nous arrivions à une vingtaine de satellites sur une nuit complète. Cette année 2026, loin de nous amuser à les compter comme auparavant, en moins de 10 minutes, nous avions atteint ce nombre d’une vingtaine de satellites visibles sans problème à l’œil nu ! Il nous est même arrivé d’en compter en même temps 5 se déplaçant à des endroits différents du ciel et ne faisant pas partie d’un train de satellites. Nous n’avons pu nous empêcher de penser à nouveau à la pollution du ciel qu’engendrent l’envoi disproportionné de satellites par les sociétés aérospatiales privées dont la société Starlink d’Elon Musk est l’initiatrice principale. Nous n’avons pu nous empêcher également de penser au syndrome de Kessler que ces sociétés négligent volontairement.
Avant d’expliquer ce qu’est le syndrome de Kessler, il est bon de rappeler ce qu’est un syndrome. Le dictionnaire Larousse en donne la définition suivante en lien avec le monde médical : « Ensemble de plusieurs symptômes ou signes en rapport avec un état pathologique donné et permettant, par leur groupement, d’orienter le diagnostic ». Cette définition a été adaptée au domaine spatial.
En 1978, deux astrophysiciens de la NASA, Donald Kessler et Burton Cour-Palais, publient un article intitulé « Collision frequency of artificial satellites : the creation of a debris belt » (Collision fréquente des satellites artificiels : la création d’une ceinture de débris) dans la revue « Journal of geophysical research ». Alors qu’à cette époque, il n’y avait pas encore énormément de satellites artificiels en orbite autour de notre planète, cet article était véritablement prémonitoire de notre époque et de notre avenir.
Le syndrome de Kessler se résume dans le fait que plus il y a de satellites artificiels en orbite, plus le risque de collision entre eux augmente, et lorsqu’il y a collision entre eux, ils créent une multitude de débris qui sont projetés dans toutes les directions et notamment sur d’autres satellites, qui a leur tour créent des nouveaux débris…au point que l’orbite basse pourrait devenir une ceinture de débris infranchissable pour toute mission lunaire, voire planétaire.
Le syndrome de Kessler n’est pas de la science-fiction, bien au contraire. Au moment d’écrire ces quelques lignes, il y a en orbite basse : 11154 satellites Starlink, 651 satellites OneWeb, 391 satellites Amazon, etc…auxquels vont s’ajouter les satellites d’autres sociétés et d’autres pays (tels que les 4000 satellites de la firme Reflect Orbital, telles les centaines de milliers de satellites Starlink, telles les centaines de milliers de satellites avec des Datacenters d’Elon Musk, tels les milliers de satellites chinois et européens concurrents de Starlink pour ne pas dépendre des USA).
Mais le syndrome de Kessler a peut-être déjà commencé car le 13 septembre 2026, le satellite espion américain USA 32 (envoyé en 1988 et qui évolue en orbite basse à 775 km d’altitude) a explosé pour une cause inconnue (explosion due à une cause interne ? collision avec un météore ? collision avec un débris d’un autre satellite ? explosion due à un missile antisatellite ?), et il s’est transformé en une masse de débris métalliques qui tourne à une vitesse moyenne de 28000 km/h autour de la Terre, menaçant plus de 400 autres satellites actifs se trouvant sur cette orbite. Pour bien vous rendre compte de la dangerosité de ces débris, ne perdez pas de vue qu’une balle qui sort d’un canon de pistolet, sort à une vitesse de 900 à 1500 km/h selon les modèles, nous vous laissons imaginer ce qu’un débris métallique issu d’un satellite artificiel peut faire à un autre satellite à la vitesse de 28000 km/h.
Malgré tous ces avertissements liés au syndrome de Kessler et toutes les mises en garde du monde des astronomes, aucune autorité internationale ne semble avoir pris la mesure de la menace qui plane sur l’orbite basse de la Terre pour en limiter tous ces projets mégalomanes.

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